LA NOUVELLE CALEDONIE DOIT RESTER FRANCAISE !(Général Piquemal / Maurice Droin)

ATTENTION

OUVERTURE DU DOSSIER « NOUVELLE-CALEDONIE »

Cet article présente pour la France un caractère spécialement important.

Dans la stratégie de déconstruction de la France conduite par le président Macron, l’abandon de la Nouvelle Calédonie, pour l’instant cachée par les médias, va devenir un dossier majeur à très court terme.
Si la France reste encore la 2ème puissance maritime (après les USA), c’est en grande partie grâce à l’archipel calédonien. Ses richesses minières (le nickel) font de ce territoire un enjeu stratégique majeur. Enfin et surtout, les Calédoniens, dans leur majorité, sont favorables au maintien du territoire dans la république. Ce n’est qu’en trafiquant arbitrairement le collège électoral – véritable déni de démocratie -, et après plusieurs consultations favorables au maintien -, que le « OUI A L’INDEPENDANCE » pourrait finalement l’emporter, laissant ainsi voie libre à la Chine, qui convoite depuis longtemps l’archipel après y avoir largement commencé son implantation.

Le général Christian Piquemal et Maurice Droin, qui connaissent bien ce dossier, expriment, chacun à leur manière, les multiples bonnes raisons de militer activement pour le maintien de la Nouvelle-Calédonie dans la république française.

Marc Le Stahler
31 mai 2021

 

 

LA NOUVELLE-CALEDONIE DOIT RESTER FRANCAISE !
(1ère partie)
par le Général Christian Piquemal

La Nouvelle-Calédonie est un territoire d’outre-mer français situé dans le sud-est de l’océan Pacifique, à 1 500 kilomètres des côtes australiennes, pratiquement aux antipodes de la France métropolitaine. Archipel magnifique de plus de 19 000 kilomètres carrés comportant une Grande Terre allongée sur 400 kilomètres du nord-ouest vers le sud-est et diverses îles proches (Les Loyautés), parfois très éloignées (Chesterfield, Huon, Surprise, Walpole), ce qui détermine une zone économique exclusive marine immense de 1 740 000 kilomètres carrés. Proche de son extrémité sud, l’aire urbaine du chef-lieuNouméa compte les deux tiers des habitants du territoire.

La Nouvelle Calédonie est une des terres les plus tardivement découvertes par les Européens dans le Pacifique. Devenue française en 1853, elle accueille en 2020 une population d’environ 272 000 habitants d’origines très variées. Au peuplement multiséculaire mélanésien se sont adjoints divers apports venus d’Europe, d’Asie, de Polynésie, voire d’Afrique ou d’Amérique.

Elle possède un cadre naturel contrasté difficile à valoriser mais aussi sans doute le plus beau lagon du monde et une ile paradisiaque, l’Ile des Pins. Elle offre des paysages très différents et des possibilités de mise en valeur très inégales.

L’archipel néo-calédonien a toujours fonctionné comme un creuset pour des hommes d’origines très variées. L’identité multiséculaire de la population dite mélanésienne s’est fondée sur un corps de traditions ancestrales dont le souvenir s’est perpétué de génération en génération dans le cadre de récits mythiques aux références généalogiques et géographiques toujours précises.

Par ailleurs, l’arrivée régulière de métropolitains en quête de villégiature, au moment de leur retraite de la fonction publique, alimente en permanence le vivier ethnoculturel européen, même si les « blancs pays », dénommés traditionnellement « caldoches », tendent à se démarquer dans leurs comportements de ces « zoreils » jugés trop inféodés au pouvoir parisien. Ce constat frise parfois le ridicule puisqu’un régime de très large autonomie politique prévaut en Nouvelle-Calédonie depuis 1988.

S’ils ne sont pas résidents depuis 1988, les métropolitains n’ont donc pas prise sur les débats majeurs de l’archipel puisqu’ils ne peuvent être ni électeurs, ni élus pour les élections aux assemblées provinciales à partir desquelles se recrute le Congrès du territoire. Cette modification forte et scandaleuse du corps électoral a pour but de favoriser les « indépendantistes ».

En Nouvelle-Calédonie, une ligne de clivage se creuse ainsi entre caldoches et « métros », alors que, traditionnellement, les seconds renouvellent les perspectives de vie collective des premiers, en particulier en matière d’entreprenariat économique.

La fortune tirée de l’industrie du nickel joue un rôle essentiel dans cette discrimination. Principal objet de prestige des caldoches depuis plus d’un siècle, le nickel est devenu, depuis les années 1980, un enjeu majeur pour les Kanaks. Les représentants du F.L.N.K.S. n’ont signé les accords de Nouméa en 1998 que lorsqu’ils ont obtenu de l’État l’accès à la richesse minière via leur contrôle de la province Nord. Pourtant son développement reste aléatoire, car lié à la conjoncture des grandes puissances industrielles, mais peu d’observateurs locaux tiennent compte de cette donnée. Le mythe de la prospérité fondée sur l’exploitation du nickel est tellement puissant sur cette terre insulaire du Pacifique qu’on en vient à nier les fluctuations des activités économiques désormais mondialisées.

Quoi qu’il en soit, à l’échelle de l’espace où s’exerce la souveraineté française, le cas de la Nouvelle-Calédonie a le mérite de montrer qu’entre l’intégration totale à la métropole et le choix de l’indépendance existe une troisième voie dans le processus de « décolonisation » voulu par les indépendantistes et amorcé lors des accords de Matignon en 1988. Néanmoins pour le pays réel, la Nouvelle Calédonie doit rester française, au minimum, par un statut d’Etat associé à la France.

Depuis 1998 ce chemin a été, par idéologie, en partie, écarté par l’Etat Français dans un processus de déconstruction de notre histoire. Oui, le communautarisme et la fracture identitaire de plus en plus béante en métropole menacent l’avenir de la France.

En effet, la capacité des pouvoirs publics à reconnaître sur une partie du territoire français une construction « pluricommunautaire » peut avoir des conséquences à terme sur l’organisation de la société en métropole.

Sous la pression des contradictions néo-calédoniennes, la société française métropolitaine va devoir redéfinir rapidement et impérativement de nouvelles règles de solidarité au risque de voir s’élargir les fissures fortes qu’on peut déjà déceler aujourd’hui.

Le résultat du prochain référendum en Nouvelle Calédonie aura valeur de test pour juger de l’évolution de la fracture dans notre pays et du naufrage identitaire.

Ce qui n’est pas négociable : instrumentaliser les élections en Nouvelle-Calédonie et étouffer la voix de milliers de caldoches et de canaques souhaitant rester Français. La liberté ne doit pas être à sens unique pour écraser les peuples sous le rouleau compresseur du mondialisme.

La Nouvelle-Calédonie a toujours été une terre de résistance. Le nom Calédonie l’indique clairement. Aussi, elle doit encore résister à la tentation de l’indépendance. En effet, sans l’engagement des Caldoches et des « zoreils » depuis plus de 150 ans, la Nouvelle-Calédonie ne serait pas ce qu’elle est devenue aujourd’hui.

Dans le cas de l’indépendance, la Nouvelle-Calédonie perdra beaucoup, mais gagnera peu ! En effet de nombreux avantages actuels disparaitront ! Les vannes de la métropole seront fermées ! Son niveau de vie chutera vertigineusement ! Son attractivité tombera fortement !

C’est pourquoi je lance un appel à tous les Caldoches et Canaques qui veulent rester dans la France. Ils doivent réussir à convaincre.

L’issue du combat sera irréversible ! La bataille pour la Nouvelle-Calédonie française est l’enjeu des mois qui viennent !

Il faut tout faire pour la gagner !

 


LA NOUVELLE-CALEDONIE DOIT RESTER FRANCAISE !
(2ème partie)
par Maurice Droin (Historien du Pacifique)

 

La Nouvelle Calédonie devrait bientôt revoter pour le oui ou non à l’indépendance, mais cette fois-ci dans le cadre juridique de l’Accord de Nouméa de 1998. Ce dernier a ordonné la tenue de trois nouveaux référendums successifs à partir de 2018, en espérant qu’un accord populaire sur l’indépendance serait obtenu, confirmant ainsi la décolonisation du territoire.

Deux ont eu lieu, et la population s’est majoritairement prononcée CONTRE l’indépendance.

Le troisième doit avoir lieu en fin d’année 2021 et devrait être, selon les sondages, à nouveau négatif.

En France, c’est l’inverse, les Français, aux deux tiers, ne voient aucun intérêt à garder ce « caillou » lointain.
C’est par ignorance de la question, du dossier et des enjeux.

Nord, la province kanak,  Sud, la province blanche et asiatique, Iles, les mélano-polynésiens

Le « Caillou » est un pivot essentiel de la géostratégie française dans ce Pacifique convoité par la Chine, qui veut le coloniser pour en faire « son » océan. Elle convoite la Calédonie pour se l’approprier, puis s’en servir de base pour coloniser l’Australie et la Nouvelle-Zélande voisines.

La Calédonie n’est pas seulement un bloc de nickel, elle a aussi du chrome, du cobalt, et d’autres métaux rares indispensables aux transitions énergétiques et aux technologies de l’avenir comme l’Intelligence Artificielle.

Avec la Calédonie, la Chine aura le contrôle presque total de notre industrie.

Sans la Calédonie, la France perdrait son unique chance d’avoir son indépendance énergétique et industrielle, comme les batteries pour les voitures électriques, les moteurs pour les éoliennes, les panneaux solaires.

Elle perdrait aussi toute possibilité d’influer sur la politique mondiale.

LA NOUVELLE CALÉDONIE EST UN MORCEAU IMPORTANT DE LA FRANCE

Ce n’est pas une île, mais un archipel d’îles très peu peuplées, parfois désertes. Elle est située dans le Pacifique Sud.
La Grande Terre (environ trois fois la superficie de la Corse) est orientée Nord-Ouest Sud-Est.
La capitale, Nouméa se trouve au Sud-Ouest de l’île.

150 km à l’Est, l’archipel des Loyauté a trois îles principales : Ouvéa, Lifou et Maré.
Au Nord l’archipel des Bélep en a deux, Art et Pott.
Les autres archipels sont pour la plupart des atolls coralliens déserts.

La densité de peuplement est très faible, ici moins de 4 habitants au km2

La Nouvelle Calédonie a été peuplée à l’origine de Negritos, petit hommes à peau noire, adultes mâles hauteur maximale 130 cm, femmes 115 cm. Ils sont venus d’Afrique en deux vagues migratoires, l’une, partie du Congo forestier (des Pygmées) vers -80 000 ans avant J.C., l’autre de la zone Zimbabwe-Mozambique (des Tchokwés) vers -60 000 avant J.C.

Partout, ils avaient été chassés par des peuples plus grands, plus forts, plus évolués, qui les ont soit exterminés, soit repoussés : les Adivisis dans les forêts centrales de l’Inde où il y en a encore environ 200 000 ; sur les Hauts plateaux froids en Papouasie, environ 300 000 ; une dizaine de tribus dans les marécages du Cape York en Australie ; tribus résiduelles aux Salomon et au Vanuatu, les Small Nambas de l’île de Santo.

Ils étaient arrivés en Nouvelle Calédonie où les derniers, les Eletoks de l’île de Maré, ont été exterminés par les Canaques vers 1780, selon leurs légendes.

Les Canaques, dits Mélanésiens, sont des austronésiens arrivés d’Asie du Sud-est entre – 2 000 et 1 500 avant J.C.
Les Canaques ont été des colons sans pitié, comme les autres.

Les Canaques légitiment leur droit à être les seuls maîtres de la Calédonie en invoquant un droit imprescriptible de « peuple premier ». C’est tout aussi faux que si les Anglais prétendaient être le peuple premier en Tasmanie parce qu’ils en ont exterminé la population négrito tasmanienne primitive.

LA CALÉDONIE MODERNE

La Calédonie est peuplée de 300 000 habitants, un tiers canaques (les indépendantistes s’appellent « kanak », comme les Hawaïens, kanak = les gens du pays), d’origine austronésienne venant d’Asie. Ce tiers lui-même est divisé en trois : les polyno-mélanésiens des Iles Loyauté à l’Est , les négrito-mélanésiens des Iles Bélep au Nord et de l’île des Pins au Sud, les Mélanésiens de la Grande île où se trouve la capitale, Nouméa.

Près de la moitié de la population est à Nouméa.

Faute d’eau, la presqu’ile était déserte à l’arrivée des Européens. L’eau vient de la rivière Dumbéa à une vingtaine de kilomètres.

La population de Nouméa se répartit de la manière suivante :

=> Un tiers de français de souche calédonienne (les Caldoches), implantés depuis plusieurs générations ;

=> Un tiers d’immigrés ayant fui le communisme (Vietnamiens et Chinois) ou l’islam (Indonésiens) ;

=> Un dernier tiers de personnes venues chercher du travail (Polynésiens, Wallisiens-Futuniens, Métropolitains, Antillais, tous de nationalité française), ou pour investir (Australiens, Français, etc.).

Sa principale richesse est le nickel. A un moindre degré le tourisme, les crevettes, le chrome et le cobalt, un peu de pêche et de bois tropicaux. Et surtout une importante ressource potentielle récente, les métaux et terres rares, autant sur la Grande Terre que dans les fonds marins sous forme de boues et de nodules (des boules) polymétalliques.

LA COLONISATION A SORTI LA CALÉDONIE DE L’ÂGE DE PIERRE

Les premiers découvreurs – James Cook et d’Entrecasteaux -, arrivés au Nord-est de la Grande Terre sur une côte très abrupte, les plaines côtières sont à l’Ouest de l’île, disent avoir trouvé « une île ravagée par les guerres tribales et claniques, la famine et les épidémies » (James Cook, Mémoires).
Ce qui explique peut-être un peuplement faible, de 0 à 4 habitants au kilomètre carré selon les zones. Une population de l’âge de pierre qui ne connait pas le métal alors qu’elle vit sur un bloc de minerais, ni la roue, ni les animaux domestiques, ni le tissu, ni l’arc et la flèche, ni l’usage de la pierre pour les constructions, ni l’écriture.
C’est normal, et il y a d’ailleurs encore des peuples à ce stade d’évolution dans le Pacifique : en Papouasie, aux îles Salomon, des tribus isolées en Australie, notamment au Cape York.

Mélanésien kanak indépendantiste

Durée de vie de l’ordre de trente ans et cannibales par manque de protéines animales, sauf quand il y avait des prisonniers ou des morts. Il n’y avait pas d’esclaves, excepté, selon l’historien Yves Rieu, dans les plaines de la région de Bourail au centre-ouest. Partout dans le Monde, que ce soit à Rome, en Papouasie ou aux États-Unis, l’esclavage n’apparaît que par le besoin de main d’œuvre agricole.

Fallait-il les laisser végéter dans cet état primitif ? C’était l’avis des conservateurs, ce n’a pas été l’avis des socialistes progressistes du 19ème siècle, de Jules Ferry à Léon Blum ,qui déclarait en 1935 : « C’est le devoir des races supérieures d’aider les races inférieures« , et donc le devoir de la France d’envoyer des administrateurs, des militaires, des missionnaires et des colons.

Très vite il y a eu des pistes cavalières, puis des routes et des ponts, des ports et aéroports, des villages et une administration ; des écoles, d’abord missionnaires, puis publiques et des hôpitaux, des dispensaires dans les zones reculées et peu peuplées. Avec leurs médecins « de brousse ». 

Les guerres tribales ont été arrêtées, le cannibalisme interdit.

Mais aussi – et ça n’a pas plu aux Canaques – du bétail en liberté, des propriétés rurales de grande superficie qui ont rogné les territoires tribaux et claniques. Beaucoup de tribus  (il y en avait 348 parlant 38 langues), ont été repoussées dans les fonds de vallées et les bords de mer, les colons et l’administration ne voyant pas l’utilité de leur laisser des terres que les Canaques ne cultivaient pas, à l’exception de deux racines :  les ignames et les tarots.

Dans la culture canaque, l’homme chasse, fait la guerre, des enfants et parle des affaires de la tribu. Les femmes cultivent le peu qu’il y a à cultiver, nettoient, gèrent les enfants et font la cuisine.

Tout le monde vivait nu ou presque (étui pénien pour les hommes, courte jupette en paille ou feuilles pour les femmes). Les missionnaires les ont habillés : robes « mission », pantalons et chemises.

Les colons ont vite eu besoin de main d’œuvre pour les mines qu’ils ouvraient, et leurs plantations. Les Canaques ont refusé de travailler, il a fallu importer des travailleurs d’Indochine, d’Indonésie et des techniciens d’Europe et d’Australie.

La Calédonie est devenue prospère avec un niveau de vie comparable à celui de l’Australie et la Nouvelle-Zélande. Les Canaques y ont trouvé leur place, les femmes dans les administrations, le tourisme et les services sociaux, les hommes en partie comme ouvriers et surtout dans les métiers « de parole », politique, syndicalisme…

La plupart des mines de nickel sont sur le sommet des montagnes où le minerai affleure

Leur population a plus que doublé, et leur durée de vie presque triplé.
Certains Canaques sont devenus très riches. Ceux sont précisément ceux-là qui sont à l’origine de la crise actuelle.

CRÉER LE DÉSORDRE POUR OBTENIR L’INDÉPENDANCE

C’est une vieille stratégie de guerre. Pour affaiblir la tribu voisine, déclarée ennemie parce que devenue plus prospère, on l’affaiblit par des « coups de main ». On tue l’homme isolé, on vole les femmes de la tribu, on brûle ses cases, on détruit ses cultures, on coupe ses cocotiers.

Au 19ème siècle on attaquait la mission, le bureau de poste, la ferme isolée. On tuait ses habitants le plus cruellement possible. Puis suivait l’attaque en masse à laquelle la troupe coloniale ripostait pour punir la tribu identifiée responsable.

Barrage indépendantiste dans Nouméa

Au 20ème siècle et de nos jours, c’est toujours pareil : on brûle les camions de mine, les bâtiments techniques, les habitations, on éventre le bétail. Et toujours des revendications sur les terres, non pour leur donner une utilité économique mais pour des raisons culturelles. C’est un « tertre » sacré, le plus souvent parce qu’ « avant cette terre était à notre clan, à notre tribu« . Mais si une décision administrative la leur restitue, le clan ou la tribu voisine la réclame aussitôt comme sienne !

Les îles Loyauté, trois grandes îles, Maré, Lifou, Ouvéa et quelques ilots sont entièrement sous statut coutumier. Aucun Blanc ne peut y acheter un bout de terrain. Cela n’a pas empêché pendant des siècles des guerres meurtrières entre les trois tribus, Sihaze, Zéoula au centre, et Boula.

Même chose à Ouvéa : le nord est peuplé de wallisiens originaires d’Uvéa, le sud est un peu plus mélanésien. Pour passer de l’un à l’autre, si vous avez une voiture, il faut changer de chauffeur !

C’est ça, la Calédonie : 348 tribus hostiles depuis deux millénaires. partiellement regroupées par affinités linguistiques,
32 langues recensées, dans un pays trois fois grand comme la Corse.
Et dans l’incapacité d’exploiter la richesse minière en abondance.

Manifestation loyaliste à Nouméa. Un population très métissée qui cohabite bien

Aujourd’hui il y a trois usines de nickel. L’Accord de Matignon a décidé d’un rééquilibrage entre le Nord canaque et le Sud essentiellement européo-asiatique. La province Nord a reçu gratuitement les titres de propriété des mines et la France devait construire la fonderie de nickel. Les Canaques en ont aussitôt confié la gestion à André Dang, un franco-vietnamien. Dang s’est aussitôt acoquiné avec des Coréens et des Chinois dans un accord 51% pour la province, 49 % pour la Corée, la construction de l’usine étant attribuée à la Chine. La Corée paye tout, sauf l’usine chinoise.

La Chine a imposé un contrat dans lequel, pour le cas où l’usine ne fournirait pas les quantités de nickel métal prévues au contrat, elle aurait le droit de prélever du minerai à volonté. Ni Dang, ni les politiques canaques n’ont vu le piège : Inaugurée depuis dix ans, l’usine n’a toujours qu’un four qui fonctionne par intermittence, donc la Chine prélève des millions de tonnes de minerai qu’elle traite dans les deux usines construites en Chine, rigoureusement identiques à celle de Calédonie, et qui, elles, fonctionnement parfaitement.
Et la province Nord est endettée envers la Corée à hauteur de quatre fois son budget annuel, en partie financé par la France et la Province Sud !

Les polyno-mélanésiens de la Province des îles Loyauté n’ont pas de problème : moins de 20 000 habitants et, pour seule activité, un peu de tourisme freiné par des prix élevés en comparaison de ceux pratiqués dans les centaines d’autres îles du Pacifique. France et Province Sud approvisionnent aussi son budget.

DÉCOLONISATION OU INDÉPENDANCE ?

La dernière tentative de révolution canaque en fin d’année 1984, pudiquement appelée « événements« , démontra que l’entente, le « vivre ensemble », était difficile, sinon impossible, avec les Canaques. Aucun problème avec les Asiatiques et les Polynésiens aux cultures plus évoluées, comme en France, avec les migrants Polonais, Italiens, Espagnols ou Portugais. Mais des tensions avec les Canaques, leur culture étant trop éloignée de la nôtre, comme en France la culture afro-musulmane.

Canaques au 19ème siècle . Massacre d’un colon, son épouse et leurs enfants canaques

Et maintenant ce peuple canaque fracturé ne représentant que 35 % de la population demande l’indépendance, et toutes les gauches en France comme en Europe le soutiennent au nom de la décolonisation.

Il est surprenant que ces Européens qui se disent supérieurement intelligents puisque progressistes, n’aient toujours pas compris que décolonisation et indépendance sont deux notions différentes que l’ONU, elle, su institutionnaliser.

La décolonisation, c’est la recherche de l’égalité dans un « vivre ensemble » accepté.

L’indépendance, c’est le constat officiel du divorce.

LES FAMEUX ACCORDS DE MATIGNON ET DE NOUMÉA

L’accord de Matignon-Oudinot signé pour dix ans en 1988 a abouti la décolonisation : rééquilibrage entre les deux populations antagonistes, les Canaques et les « autres », par des mesures économiques et fiscales ;

Séparation apaisante entre les trois groupes ethnique principaux et ennemis : les Blancs au Sud en partie désertique, les Mélanésiens au Nord, les mélano-polynésiens aux îles.
D’où une organisation de type fédéral en trois provinces sans frontières autres qu’administratives. Chacune ayant son assemblée consultative, ses « lois du pays » et ses financements.

Plus diverses dispositions mineures, comme par exemple sur les relations régionales avec l’étranger, qu’une province peut souhaiter établir.

L’accord de Nouméa

Il fut signé très vite, en 1998, pour vingt ans.

Son objectif : organiser la sortie des accords par un choix définitif : indépendance ou maintien dans la République.

Mais le choix du maintien dans la France est un leurre, puisque l’accord prévoit que si le NON à l’indépendance l’emporte, le gouvernement français pourrait l’invalider au nom du droit du peuple indigène a choisir son sort.

Les réunions entre signataires se multiplièrent. Cependant, il apparut assez vite que l’essentiel n’était pas traité.
Ils parlaient entre eux de l’organisation du gouvernement fédéral et de l’assemblée coiffant les provinces, ainsi que des lois fédérales à voter, mais oubliaient de parler au camp adverse pour le convaincre des bienfaits des solutions d’avenir proposées par leur camp.

De son côté le gouvernement français avait choisi son camp, tout en jurant de sa neutralité, en plaçant un préfet franc-maçon, socialiste et conseiller-Calédonie de Lionel Jospin, comme Secrétaire général du Territoire, puis Haut Commissaire de 1991 à 1994. Mais aussi devenu le conseiller permanent du FNLKS (Front National de Libération Kanak Socialiste).

Son adjoint, Thierry Lataste, lui succéda à deux reprises pour quatre ans en 1994 puis à nouveau en 1999 et 2016. Entre temps on n’a jamais vu autant de hauts commissaires intérimaires ou démissionnaires ! Le dernier n’a duré lui aussi que deux ans et vient d’être remplacé par le préfet Patrice Faure, passé par le renseignement extérieur (DGSE) et l’armée.
Il aurait, selon Le Monde,  la confiance du président Macron et arrivera à Nouméa le 3 juin.

On le constate aujourd’hui, l’Accord de Nouméa n’a pas atteint son objectif. Les Kanaks indépendantistes ont repris la guérilla, mais à peine ont-ils obtenu la maîtrise du gouvernement fédéral, qu’ils se montrent incapables de gouverner.

L’ONU POURRAIT-ELLE INTERVENIR POUR RÉSOUDRE LE PROBLÈME ?

L’ONU surveille depuis longtemps la Nouvelle Calédonie et reste perplexe. Dans les années 1960 et suivantes, elle a suivi la mode des indépendances – essentiellement africaines -. Mais, au fil du temps, elle a constaté que les peuples à l’effectif trop réduit ont souvent du mal à se gérer, tout le monde n’ayant pas l’habileté des dirigeants de Monaco ou du Lichtenstein. Ils finissent souvent par devenir plus pauvres qu’ils ne l’étaient colonisés, plus malheureux avec des tyrans pour présidents et ont recours aux financements étrangers pour ne pas sombrer dans la misère.

L’ONU constate donc que la Province nord en Calédonie ne sait pas se gérer, réclame les deux autres usines de nickel sur lesquelles elle n’a aucun droit pour renflouer son budget et réduire ses dettes. Et aussi que le niveau de vie très élevé des Canaques, comparativement aux peuples indigènes voisins, va inévitablement s’effondrer si indépendance il y a.

L’ONU n’a pas apprécié le déni de démocratie que sont trois référendums conçus avec en prime la suppression artificielle de 40 000 électeurs favorables au maintien dans la République, pour que la minorité indépendantiste gagne finalement.

Sa doctrine a évolué.

L’indépendance n’est plus recherchée à tout prix par l’ONU. le Comité des 24 demande que trois options soient proposées :

=> Devenir un Etat indépendant et souverain, comme par exemple le Vanuatu ;

=> S’associer librement à un état indépendant, Tokelau a choisi la Nelle Zélande pour garder le passeport, les subventions et le $NZ ;

=> S’intégrer à un Etat indépendant, comme Samoa et Guam, qui ont choisi les USA.

Or, la question posée par le gouvernement dans les référendums de l’Accord de Nouméa est orientée et limitée à une option : « voulez-vous être indépendants ? »

C’est une erreur stratégique, car si l’association avait elle aussi été proposée après des négociations préalables définissant le statut des non-indépendantistes dans le nouvel état, signées et déclarées à l’ONU qui les aurait garanties, l’état libre de Kanaky-Calédonie existerait peut-être déjà.

En 2002 à Timor Est, l’ONU exigea de l’Indonésie : Tout le monde vote, excepté les militaires et fonctionnaires ayant moins de deux ans de présence ; un homme égale une voix ; c’est l’ONU qui surveille le décompte des voix et proclame le résultat.
C’est ce qu’il faudrait exiger pour la Nouvelle-Calédonie.

Mais la Chine, qui convoite ouvertement la Nouvelle Calédonie, a depuis peu la majorité à l’Assemblée générale de l’ONU. Il est préférable que celle-ci n’intervienne plus. Plus fourbe que le Parti Communiste Chinois et son président actuel est difficile à trouver !

La Chine veut prendre la Calédonie sitôt l’indépendance prononcée pour sa richesse minérale, mais surtout pour en faire, comme les Américains l’ont fait en 1942-1945, une base stratégique.

À courte portée de l’Australie et la Nouvelle-Zélande, elle pourrait les asservir et comme elle le souhaite en faire des  terres de peuplement pour y installer les millions de Chinois en surnombre dans leur pays.

Des discussions sont actuellement en cours à Paris pour définir une nouvelle orientation qui éviterait ce troisième référendum « couperet », et une guerre civile éventuelle, car imposer l’indépendance à une large majorité qui n’en veut pas est problématique.

On connaitra très vite le résultat.

Maurice Droin
30 mai 2021

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