Guerre en Ukraine : «Ça pourrait être la plus grosse catastrophe géopolitique du 21e siècle»

 

Sur Europe Matin dimanche, l’historien russe et ancien conseiller de Gorbatchev, Andreï Gratchev est revenu sur la guerre en Ukraine et sur l’opération militaire russe lancée il y a maintenant quatre jours. Il a estimé qu’elle pourrait bien être la plus grande catastrophe géopolitique du 21e siècle.

INTERVIEW

Les autorités de Kharkiv (nord-est), la deuxième plus grande ville d’Ukraine, ont annoncé ce dimanche une « percée » de l’armée russe jusque dans son centre, au quatrième jour de l’invasion du pays par Moscou. Invité de Jean-Pierre Elkabbach sur Europe Matin Week-End dimanche, l’historien russe et ancien conseiller de Gorbatchev, Andreï Gratchev, est revenu sur cette opération militaire et a estimé que Poutine « a réussi avec cette opération contre l’Ukraine à réunir le crime et l’erreur ».

« Une erreur peut-être fatale »

« Il a réussi avec cette opération à réunir le crime et une erreur capitale, peut-être même fatale d’un point de vue politique », a-t-il affirmé. « Ce que nous observons maintenant risque d’être ou est déjà une catastrophe géopolitique, peut-être la plus grande du 21e siècle. Avant tout pour l’Ukraine, pour l’Europe, mais aussi pour la Russie. »

Selon lui, les objectifs annoncés par Poutine, à savoir le renforcement de la sécurité de la Russie et la normalisation de ses relations avec le reste du monde, ne sont pas atteints. « Ils sont même détruits. La Russie va faire face à la reconstruction de l’Otan, au retour des Etats-Unis sur le continent européen, et au lieu de la démilitarisation de l’Ukraine, Poutine risque de faire face à une Ukraine nourrit par des armements plus sophistiqués. Donc il va avoir un ennemi beaucoup plus dangereux », a poursuivi Andreï Gratchev.

Pas « le coup de folie d’un président dérangé »

L’historien a encore estimé que nous sommes dans une situation où l’issue est encore inconnue. « Cette opération, je le souhaite au plus vite, peut déboucher sur la résistance de l’Ukraine mais aussi le réveil de la société russe. Car les Russes non plus ne voudraient pas être pris en otage de cette politique à mon avis contraire aux intérêts nationaux ».

Andreï Gratchev a enfin assuré qu’il ne faut pas interpréter cette crise comme « le coup de folie d’un président dérangé ». « C’est la suite des trente ans de dégradation des relations entre la Russie et l’Occident après l’effondrement de l’Union soviétique et la fin de la Guerre froide. »

 

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.